Il n’y a pas que Panzer Dragoon Saga (aka “la perle de ma collection”) qui va finalement passer à l’as pour acheter les deux jeux budgets dont j’ai causés. Burning Rangers sera également mis aux enchères. Et bizarrement j’ai bien plus hésité.
D’abord parce qu’il partira bien moins cher que l’autre et que la petite promesse de bonheur que l’argent sussure toujours sera proportionnellement moins forte.
Ensuite pour l’application que je lui avais consacrée : je me revois établir studieusement plan sur plan (perdus ou jetés depuis), marquant les emplacements des victimes à sauver, renseignant leur identité… Je me me vois aussi imprimer avidement les pages de codes sur ce site qui devait s’appeler encore les Sega Sages. Tout ça pour un jeu que même à l’époque je devais considérer médiocre, ou trop ambitieux pour la console. Que je regrette d’avoir consenti à une telle perte de temps, quand j’aurais pu faire tant d’autres choses et qu’aujourd’hui encore je paye sentimentalement ce que je n’ai pas fait à l’époque (texte à clé).
Et pourtant j’hésite à m’en séparer de ce jeu qui ne m’a rien apporté et auquel je n’ai pas eu envie de rejouer depuis près de 10 ans : sa pauvre 3D qui disparaissait quand je m’approchais des murs, les clignotements de sprites, les textures baveuses et multicolores… Ces jeux cachaient si peu leur incapacité à créer durablement de l’immersion que j’ai du mal à ne pas y voir un reflet terrible de ce que j’étais moi-même à cette période : donnant le change de loin mais fuyant et invisible dès qu’on s’approchait.
